30 mars 2009
Muji, le vrai
Muji est une abréviation de Mujirushi Ryohin qui signifie: produits de qualité sans marque. Malgré ce concept, Muji est bel et bien devenu une marque en France. Ou du moins devrais-je dire à Paris, puisque seuls ses habitants peuvent apprécier depuis de nombreuses années ses produits, ou la sobriété japonaise alliée à la fonctionnalité dans toute sa splendeur.
De la chaussette en fibres recyclées aux baffles en cartons, tel est le panel de produits que l'on peut acquérir ici bas, une gamme qui s'enrichi chaque jour de produits bio ou issus du recyclage.
Il en est tout autrement chez le Muji endémique. BoBo à Paris, il est extrêmement populaire là bas, car très très bon marché. Qui plus est, vous aurez le loisir d'y acquérir de quoi garnir votre maison et au delà, en passant du vélo à l'alimentaire . Et oui ! Et c'est bien de loin le rayon le plus dépaysant. On y trouve à boire et à manger, dans tous les sens du terme, sobrement conditionné dans de petits sachets transparents. C'est le moment de faire sortir l'aventurier qui sommeille en vous, fermez les yeux et ouvrez la bouche !
13 août 2008
L'oeil, l'oreille, la bouche
L'oeil, l'oreille, et la bouche. Tels étaient les mots d'ordre de nos pérégrinations Tokyoïtes.
La bouche par dessus tout, le point d'honneur à la dégustation des nombreuses spécialités japonaises. Ce soir là, mission shabu-shabu. Le rendez-vous est donné chez Ibuki, perdu parmi la foule et les lumières de Shinjuku. Après moult errances dans le quartier, l'adresse est enfin trouvée. La devanture traditionnelle est invitante, l'accueil chaleureux. Au programme, lumières tamisées, confortables tatamis et plaques chauffantes. La surprise est humaine. Sekiko-san est une des maitresses de maison qui officient ici. Cette délicieuse petite dame vous surprendra par son anglais impeccable. La table se transforme en cours d'histoire, et toute la tradition du shabu-shabu et du sukiyaki vous serons révélés. De la tradition d'élevage du bœuf de Kobe au bruit que produit sa viande tendre et savoureuse lorsqu'on l'agite dans l'eau bouillante. Shaaabu shaaabuu. C'est donc l'estomac repu et la tête remplie de tradition culinaire que vous quitterez ce lieu. Anima sana in corpore sano, ne devrait ce pas être la philosophie de chaque restaurant ?
sukiyaki IBUKI
3-25-5 Shinjuku, Shinjuku-ku
Tel: 03-3352-4787
Sortir de la station Shinjuku par la sortie est.
14 mai 2008
L'art de l'autre
Tokyo, capitale du Japon. Comptant au bas mot 8 millions d'habitants.
A priori je m'attendais à une foule oppressante, grouillant de partout; à un trafic intense et son concert de klaxons.
A priori de parisienne.
Tokyo, capitale du Japon. Comptant 8 millions d'habitants qui ont conscience de ne pas être seuls. Quelque part, ça tombe sous le sens. Mais quand on est parisienne, c'est étonnant.
Quand on y pense d'ailleurs, comment faire autrement?
"Irasshai maseee !"
Voilà une phrase, presque une interjection, que vous entendrez souvent, où que entriez. Certes, c'est parfois un peu racoleur et ça peut finir par être pénible, mais ça indique deux choses. La première, c'est qu'on vous à vu entrer. La seconde, c'est qu'on vous considère. Encore une fois ça tombe sous le sens, mais encore une fois pour une parisienne c'est surprenant. Ici (enfin je veux dire: là bas) vous n'aurez jamais ça: 1- La sympathique vendeuse derrière son comptoir qui piaille allègrement au téléphone avec sa copine, et dont le regard n'effleure pas même votre ombre. 2- L'autre, qui d'un regard condescendant (oui, celui avec un peu de pitié dedans, vous voyez ?), qui dit tout haut ce qu'elle pense tout bas :" Mais ma pauvre, tu vas même pas pouvoir te payer un bouton ici…" (ça y est je suis sure que vous voyez !).
Ici (enfin là bas), Gucci ou Muji, en short ou en tailleur, même combat.
Autre exemple: dans la rue comme le métro, point de papier, de mégot, de cacaboudin. C'est si propre qu'on pourrait manger par terre. J'ai d'ailleurs failli avoir une attaque cardiaque quand j'ai vu de mes yeux une vieille dame arroser de sa bouteille d'eau le poteau sur lequel son chien venait d'uriner !
Certaines rues sont non-fumeurs, sauf de petits espaces spécialement aménagés, où tout ce petit monde se rassemble sagement. Et sage, c'est bien le maître mot. Malgré les portable dernier cri, pas un mot plus haut que l'autre dans le métro. Ce n'est pas là que vous connaîtrez toute la vie intime de votre voisine. Ni que vous trouverez des sacs McDo roulés en boule dans un coin. Le plus époustouflant, ce sont certainement les files d'attente qui se forment devant les wagons, le temps que le train arrive. Tout bonnement Incroyable.
Alors c'est quoi ? Le respect de l'individu ? des règles ? la contrainte du nombre ? Je sais pas ... mais en tous cas c'est bien agréable.
Pour vous dire que le retour à Paris a été très très dur ...

3, 2, 1 .... partez !
Pas question de traverser "à la parisienne" !
Merci à Polpe pour les photos !
25 septembre 2007
Lost in orientation

Il était une fois Matsushima. Une petit bourgade au bord de la mer, près de Sendai. L'un des Nihon Sankei, les trois plus beaux sites du Japon. Fraîchement débarqués de Paris après 15h de voyage (!), alors que nous crapahutions à la recherche de notre hôtel, nous tombâmes nez à nez avec un groupe de fillettes manifestement juste sorti de l'école, s'esclaffant à notre vue. Etait on vraiment si ridicules en jogging à traîner nos valises ? Ou bien étions nous de rares occidentaux à mettre les pieds là bas ? Mystère.
Mais visiblement, non. Il y aurait même des français, tenanciers du bien nommé Café Loin. Bigre ! Là où même dans les grands hôtels on ne cause pas un mot d'anglais (allez si, un, mais un seul …), on ne s'attendait vraiment pas à trouver des congénères. Voilà qui suscitait notre curiosité !
Le problème (au delà du sens de l'orientation) c'est qu'une des caractéristiques japonaise est de ne pas donner de nom aux rues… De quoi rendre la circulation parfois un peu aventureuse. Mais les japonais sont malins, pardi! Au dos des cartes de visites, ils illustrent invariablement un p'tit plan muni tous les repères nécessaires pour arriver à bon port (de la cahute de police à la baraque à yakitori, à défaut de frites). Petite astuce bien pratique s'il en est. Aussi, la carte en main, impossible de ne pas s'y retrouver, dans une cité comptant une seule rue principale ! Que neni... Malgré une demi-heure de recherches, pas moyen de mettre la main sur ladite buvette. Voilà qui présageait de sombres moments à Tokyo! Loin, le café…


