12 juin 2009
Once upon a time...
Réminiscence de l'enfance ou signe du destin, cet ouvrage traine dans mes bibliothèques depuis que j'ai 10 ans, prix d'une improbable réussite scolaire. Jamais ouvert depuis, il a fallu attendre mon age vénérable pour que je parte à la découverte de son charmant contenu: 26 contes japonais. C'est ainsi que je me suis plongée dans l'imaginaire collectif nippon, où se côtoient tour à tour moults esprits; la terrible Yamamba, hideuse et vorace; et une trouppe d'animaux qui s'incarnent afin de mettre à l'épreuve ou remercier les humains. J'aime tout particulièrement la triste histoire du Ver de terre, qui
dans l'espoir d'obtenir la parole, fut dépossédé de son regard, victime
du Grillon.
J'avoue cependant ne pas avoir percé à jour toute la symbolique de ses contes... La nature est très présente et la fin souvent heureuse. Même s'ils ne "vécurent pas heureux en
ayant beaucoup d'enfants", ils repartent souvent avec un joli mâgot qui
les met bien a l'abri des soucis !
Contes japonais
Miroslav Novak et Zlata Cerna
Gründ Paris
14 mai 2009
Nihongo wo hanasemasu
A un moment donné, il faut bien s'y résigner. Manger c'est bien gentil, mais passer commande en japonais c'est encore mieux.
Vaste programme, me direz-vous. En effet, vous réponds-je, mais avec ce livre, ça va être plus facile. C'est pas le tout de parler, encore faut il savoir aussi lire (et écrire accessoirement). Cet opus de chez Larousse vous apprends à déchiffrer les kanji de base en employant une méthode illustrative, dont les dessins se révèlent d'excellents moyens mnémotechniques. Vous attaquerez les kanji avant même les hiragana et les katakana, et apprendrez la syntaxe de base petit à petit.
Voilà, vous savez lire avant même de savoir parler. Incroyable !
Bon, attention, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, c'est pas en claquant des doigts que l'on devient fluent en japonais, loin de là. Mais bon, 'faut bien commencer quelque part, et cette porte d'entrée est ludique et agréable.
Ganbatte !
(bon courage !)
Lire et écrire le japonais
Larousse, 12€50.
15 avril 2009
A table !
Voici quelques mois qu' Itadakimasu, LE guide des meilleurs restaurants japonais Paris, Province et Europe, est sorti. Emanant de l'excellente revue Wasabi -disponible gratuitement dans toutes les bonnes crèmeries - l'auteur n'est autre que Patrick Duval, directeur de la publication. Pari risqué si'l en est, puisque de la propre confession de l'auteur, rien n'est plus personnel et daté qu'un avis culinaire, il comble ainsi un véritable vide en la matière, et permettra aux novices de distinguer enfin les authentiques des usurpateurs.
Très parisien, les plusieurs centaines de restaurants sont complétées d'un carnet d'adresse du Japon à Paris. Il a néanmoins le petit défaut de tirer un peu la couverture à soi, ne mentionnant dans les cours de cuisine que ceux (par ailleurs excellents) dispensés par le partenariat établi entre Wasabi et le restaurant Zen, et passant sous silence ceux organisés par l'espace Hattori, l'association Tenri, ou encore la chef Sakura Franck.
Concernant l'Europe, vaste territoire pour un seul homme, il reprend les chroniques Wasabi-enne, - avec parfois des avis plus tout à fait d'actualité. Ainsi Genève se retrouve dépourvue d'excellentes adresses telles que Nagomi, Sumo ou Shibata.
Malgré tout un indispensable, qui justement nous dispensera de parcourir avec acharnement sites et revues de tous genres pour trouver, enfin, la bonne adresse.
Itadakimasu
A commander chez:
Thema Press
40 rue de la Mouzaïa, Paris 19e
15 €, port compris.
19 mars 2009
Des souvenirs en bouteille
Voilà encore un livre choisi quasi au hasard dans les rayonnages d'une librairie. C'est comme ça que je pars à la découverte de nouveaux auteurs. Celui-ci m'a attiré par le nez, car il s'agit de l'histoire d'un parfumeur. J'adore les histoires de parfum.
Ce bonhomme, on ne le connaitra jamais, sinon à travers l'errance de sa fiancée. Suicide inexpliqué. Le mystère total. La pauvre va petit a petit se rendre compte qu'elle ne savait rien de son homme, ni de ce qu'il cherchait. A retrouver le parfum de bras à jamais perdus ? Que ce qu'elle considère comme le cadeau le plus précieux est finalement, peut-être plus amer qu'il n'y parait.
On voyage dans un nuage, la réalité n'est visible qu'à travers une vitre fumée. Il y a là quelque chose que l'on arrive pas à saisir. Comme le train qui fonce à toute allure dans 2046 de Won Kar-Wai, quelque chose entraine malgré eux les personnages, entre la fuite et la raison, ou la folie.
Une fois le livre fermé, il reste un arrière gout de nuit embrumée, et de soupçon envers celui ou celle qu'on aime.
Au fait Chéri, t'étais où déjà hier soir ?
Yojo Ogawa, Parfum de glace.
04 février 2009
Ni d'Adam ni d'Eve. Non l'inverse.
Je ne pouvais pas explorer le Japon sans le voir au travers de la plus nipponne des Belges, Amélie Nothomb bien sur.
Ni d'Eve ni d'Adam est resté au fond d'un carton pendant plusieurs mois -déménagement oblige- puis à pris place il y a peu dans ma bibliothèque. C'est au profit d'un Genève-Paris que j'ai finalement fait honneur au cadeau qui m'avait été fait il y a plus d'un an maintenant. Si je connaissais la version cinématographique de Stupeurs et Tremblements, c'était bien la première fois que je me plongeais dans l'œuvre écrite de l'auteure avec qui je partageais - s'il vous plaît - la même station de métro.
Les livres sur le Japon écrits par des occidentaux ont tous une saveur particulière. Eux seuls savent retranscrire la perplexité qui peut nous toucher au pays du soleil levant, et dans nos relations avec les autochtones. Voilà l'objet central de l'ouvrage, et le plus divertissant, que l'on découvre au travers du récit de la période tokyoïte d'Amélie. L'écriture est fort plaisante car légère comme une plume, ou comme une gorgée d'eau de vie. Un livre qu'on avale d'une traite, sans risque d'indigestion.
07 janvier 2009
2KPDP
Je poursuis ma découverte des classiques de la littérature japonaise par un duo que l'on m'a offert: La pierre et le sabre & La parfaite lumière (Eiji Yoshikawa). Cette œuvre relate le parcours initiatique d'un jeune homme sur la voie du sabre, qui fera du jeune Takezô le célèbre samouraï Miyamoto Musashi. Sous couvert de roman, les principaux protagonistes n'en sont pas moins réels, les différents faits d'armes également. Parcourant le Japon en tous sens, sur fond d'histoire
d'amour et de duels, ses rencontres mêlées à la solitude
méditative tracent peu à peu l'aboutissement d'une personnalité.
Finalement ce type, c'est moi. Un personnage jeté dans la réalité et qui cherche sa voie, LA voie pour devenir quelqu'un de bien, pour trouver sa place dans le monde. J'aimerais avoir acquis ne serait ce qu'une miette de la sérénité qui l'habite à la dernière page.
23 juillet 2008
Sous le soleil, l'évasion
Kafka sur le rivage. Voici un titre pour le moins énigmatique. Non, il ne s'agit pas du roman de plage de Kafka, les doigts de pied en éventail. Il s'agit d'autre chose. Murakami. Un classique. Vous le savez, la littérature japonaise n'est pas ma spécialité. Mais aucun livre n'est plus idéal pour lâcher délicatement prise. Sous le parasol, le transat. Parés au décollage ?
La vie normale. Un garçon qui fugue. 15 ans, l'âge de tous les espoirs. On recommence à zéro, et tant qu'à faire avec un nouveau prénom: Kafka. Ailleurs, dans un passé pas si lointain, des enfants s'évanouissent mystérieusement. Rien de grave, sauf pour un. Coma. Au réveil, plus rien. Il faut tout réapprendre. Entre en scène Nakata. Pas malin, mais pas banal, il cause aux chats. La vie réglée comme du papier à musique. Un matin c'est fini, il taille la route.
Puis une histoire de mère et de meurtres, de pierre et de portes. Kafka et Nakata se rejoignent inexorablement. Pour aller où ? Drôle de fable. On perd pied, lentement mais surement. Hop, vous êtes déjà parti, et vous n'avez rien vu.
1, 2, 3, "snap". Vous êtes pleinement éveillé et reposé. Le voyage vous a empli d'énergie, vous êtes fin prêt pour repartir.
Alors ? C'était comment ?
25 juin 2008
Partir... Partir...
Détrompez vous, ceci n'est pas un livre.
Derrière l'écrin de sa couverture satinée, c'est certainement un des plus jolis ouvrages qu'il m'ait été donné de tenir entre les mains. Au delà d'un carnet de voyage, Les quatre saisons de Kyôto est avant tout un recueil de peintures et d'esquisses.
Un livre à voir.
Opuscule posé là, au coin de mon bureau, mon œil échappé de l'écran se perd sur le toit de cette pagode noyée dans la brume. La contemplation matérialisée. Il recèle le bruissement des feuilles au gré du vent, le murmure d'un cours d'eau, le silence de la neige.
Ces fresques aux couleurs vaporeuses alimentent mes fantasmes sur Kyôto, que j'imagine poétique, authentique, empreinte d'histoire. Voilà un autre guide, un secret caché au creux de la main, qui détournera le regard hors des sentiers battus, vers le coin d'une ruelle ou l'ombre d'un arbre.
