Des plumes de Lune / Paris
Nous sommes entrés en courant dans le clair de lune et sommes allés vers la cuisine. Telle est la devise qui trône au centre du restaurant Qui Plume La Lune, véritable écrin de douceur abritant une cuisine fusion teintée de japon. C'est au son d'un swing que nous y pénétrons, suite à sa récente réouverture après un grave dégât des eaux qui avait fait s'écrouler le plafond!
L'ambiance : Calme et volupté sont de mise. Valérie, la maitresse de maison, détaille la carte avec gourmandise et le service est charmant, même si parfois un peu distrait. On apprend notamment que les fruits et légumes sont tous issus de l'agriculture bio ou raisonnée, que la pêche provient de petits pêcheurs locaux et que - Ô merveille- ils ne servent pas d'eau minérale en bouteille mais une eau du robinet filtrée et purifiée, plate ou gazeuse. Nous partons du bon pied !
L'assiette : Le menu se décline selon plusieurs formules comprenant un ou deux plats, avec ou sans fromage et/ou dessert, et toujours accompagné d'un amuse-bouche et de mignardises. Partis sur une formule plat + fromage ou dessert, notre amuse-bouche consistait en deux escargots (et là mon sang s'est glacé, je vous le garantis !) servis dans une nage de persil et écume de céleri rave. J'en aurais pas mangé un kilo, mais s'est très bien passé, eu égard à ma précédente expérience avec ces chers gastéropodes ! Par la suite, je me suis véritablement régalée de (trois) belles coquilles Saint-Jacques merveilleusement snackées, accompagnées de maki aux noisettes et shiitake tout bonnement divins. Le dessert, un riz au lait de coco au litchi et eau de rose, m'a nettement moins convaincue. J'avais imaginé quelque chose de frais et léger. Or, surmonté par un blanc d'œuf en neige façon ile flottante, je l'ai trouvé écœurant et l'unique litchi poché dans l'eau de rose était bien seul... Dommage. En revanche, mon commensal s'est délecté d'une excellente tarte au chocolat ! Le repas s'achève avec deux mini madeleines et tartelettes au citron.
Un bémol tout de même. Si nous avons globalement très bien mangé et sommes sortis de table rassasiés, les proportions plats /desserts sont peu équilibrées. En effet, les plats sont visiblement calibrés pour un menu à deux plats et là encore, dommage. J'aurais personnellement apprécié davantage de coquilles Saint-Jacques (et face à moi, de pigeon) et moins de riz au lait, que je n'ai pas réussi à finir.
Le prix : Aie, c'est là que les choses se corsent, car les prix ne correspondent plus du tout à ce qu'on trouvait dans les revues de presse de début 2011 (voir chez Gilles Pudlowski), à savoir 33€ pour la formule du soir plat+fromage ou dessert. Les prix ont carrément pris l'ascenseur et si je me fie aux photos prises à l'époque, les portions ont été divisées par 2. A titre d'exemple, le tataki de saumon est passé de 2 à 1 pièce. Au final un joli x 3 en une année !
Les formules:
1 plat + fromage ou dessert = 45€
2 plats = 60 €
2 plats + fromage ou dessert = 75€
2 plats+fromage+dessert = 82€
S'ajoutent un menu dégustation à 110€ et un menu enfant (-10 ans) à 19€.
Pour le déjeuner, une formule unique : entré/plat/dessert = 35€
Alors ? Du soin, de l'esprit, de la chaleur et du goût, ça oui !
Un peu plus d'équilibre dans les portions et un retour à des prix plus doux seraient les bienvenus.


Visite du 30 décembre 2011
Qui Plume La Lune
50 rue Amelot, Paris 11e
01 48 07 45 48
Fermé dimanche et lundi
Samouraï - armure du guerrier / Paris
A travers la collection d'armures de samouraï d'Ann et Gabriel Barbier-Mueller, le musée du quai Branly nous plonge dans l'époque d'Edo. On y découvre de nombreuses armures complètes, complexes ... et moustachues (!), constituées d'une multitude de petites pièces nouées entre elles formant souvent un ensemble chatoyant. Destinées à protéger, bien sur, elles visent aussi à impressionner et effrayer l'adversaire ou encore à signaler un grand seigneur se distinguant particulièrement par la richesse de son armure.
Les samouraï respectaient un code de conduite, le bushido, basé sur les sept vertus confucéennes : droiture, courage, bienveillance, politesse, sincérité, honneur et fidélité. Le rituel du seppuku (équivalent littéraire du mot hara kiri) illustre particulièrement cette dernière vertu, le samouraï étant supposé se suicider par éventration en cas de chute ou de mort de son daimyo - maitre féodal. Dans le cas contraire, il devient un rônin, combattant sans maitre, un statut particulièrement honteux. Ces combattants étaient des intellectuels, éduqués dès leur plus jeune âge aux arts martiaux et aux lettres. Une pièce frappante de la collection est notamment une armure d'enfant, que le futur samouraï reçoit lorsqu'il entre en formation.
Une autre caractéristique remarquable de ces pièces est la minutie et la richesse des motifs décoratifs qu'elles portent, permettant aux artisans de se distinguer en la matière. Le symbolisme n'est jamais loin et la spiritualité non plus : des signes ou des figures bouddhiques ornent nombre des équipements, les samouraï pratiquant le bouddhisme zen.
Les casques sont les pièces les plus élaborées et présentent une grande variété de formes : aubergine, coquille Saint-Jacques, pipes, bambou... dont les décorations sont souvent en papier mâché ou en cuir laqué, surmontant la pièce protectrice en métal.
La dernière partie de l'exposition est consacrée aux armes et aux parures destinées aux chevaux. Les masques dont ont les équipaient sont particulièrement amusants, notamment ceux à figure de dragon !
Bref, une magnifique exposition à taille humaine que je vous recommande vivement ! Et pour ceux que je n'aurais pas encore convaincu, un trailer est visible ici, ainsi que le parcours de l'exposition.
Sachez qu'en raison de son succès, un peu d'attente est à prévoir à l'intérieur du musée. Mais si vous avez de la chance, un charmant guide vous offrira peut être un ricola pendant que vous patientez !
SAMOURAI - armure du guerrier
Musée du Quai Branly
218 rue de l'Université, Paris 7e
Jusqu'au 29 janvier 2012, fermé le lundi
Tarif plein collections permanentes : 8.50€


