- Ou l'histoire d'un ratage culinaire -

Un samedi d'octobre. Fait moche. Mon amoureux a filé entrainer son équipe. Me voilà seule dans ma cuisine. J'ai faim.
Il reste une montagne de riz a sushi dans un bol, dont il va bien falloir  faire quelque chose, et vite.
Et si j'me faisais un futomaki ? Entreprise aussi téméraire que périlleuse, mais j'aime vivre dangereusement. Au boulot.

Etape 1 : Avec Melody Gardot à fond, ma marotte du moment - ça swingue - je m'attaque à l'étalage du riz sur la nori. Feuille entière sous la main, j'étale bien le riz tout partout , pas trop épais et avec mes p'tits doigts mouillés pour pas que ça colle. Je laisse  un p'tit centimètre pour faire la jointure. Ça roule.
Etape 2: Je trace une  ligne de wasabi au milieu du  riz, en veillant à ne pas avoir la main trop lourde (sinon gare), puis je garni de concombre, d'avocat, de daikon mariné, d'omelette sucrée, de surimi  et un p'tit peu de graines germées de roquette et alflalfa pour la touche de folie.
Etape 3 : Le  roulage. Ma foi je ne suis pas mécontente, je le trouve plutôt beau et la jointure est parfaitement réussie.

Futomaki1

Pourquoi c'est raté ?
1- à cause des courses.
Evidemment, au dernier moment j'ai eu un mal fou à trouver tout ce dont j'avais besoin. Mikado fermé, restait Globus ou j'ai acheté presque tout :  gingembre mariné, riz à sushi, du daikon en pickles et la pâte de wasabi. J'avais déjà acheté les  nori chez le bio à Annemasse (mal m'en a pris, ça m'a couté le triple ...). Je me suis assise sur ma soupe miso... faute de miso. Bon.

Primo, le daikon n'était pas jaune mais marron, ce qui aurait du m'alerter, mais face à un non-choix, j'ai cédé. Donc il n'était pas mariné au vinaigre mais au son de riz. Rien a voir.  Secondo, mon gingembre est certes bio mais terriblement salé et curieusement citronné.  Pour finir  j'ai fais le choix stratégique de ne pas acheter de poisson horriblement cher, mais d'assurer le minimum syndical avec du surimi  - en cas de ratage -. Rare clairvoyance de ma part.  Qu'ai je fait ? Plus  insipide tu meurs ...
2- à cause du riz.
Grosse appréhension sur la cuisson du riz. Ça n'a pas raté (ou plutôt si), avec 2 livres de cuisine sous la main j'ai pas été fichue de cuire ça correctement. Pas immangeable, mais décidément trop cuit. Ce qui n'est pas un bon départ, vous en conviendrez.

3- à cause de ma feuille de nori.
Un mystère que je ne m'explique toujours pas : mon maki a la nori toute ramollie. Est ce le riz qui, trop cuit, aurait dégorgé dans ma feuille ? Sont-ce mes doigts trop mouillés, pour mieux étaler le riz, la cause de tout cela ? Ais-je trop patienter avant de manger ? Ou tout simplement ma feuille serait de mauvaise qualité ?! Bref, la voilà toute molle, difficile à couper et à mâcher. Étouffement garanti. Une enquête s'impose...
4- une réussite, quand même ...l'omelette ! 4 oeufs, 2 c.a.s de sucre et une lampée de shoyu. En faisant une toute petite pellicule dans la poêle, j'ai quand même triché pour le pliage. J'ai tout empilé et plié a postériori. On y voit que du feu  !

Bon, mais il est beau quand même, non ?